Pensées amères

                              Objet : Il fait beau, les oiseaux chantent et notre président a des secrets.


Monsieur le président, 

J’ai souhaité passer ma voiture au contrôle technique mais c’est trop tard. Trop de frais. Disons que le prix des réparations dépassent le prix de la voiture. Cela dit, elle roule. Elle roule bien. Aucun problème de sécurité. Juste des points de rouilles et un train arrière qui demanderait un changement. Mais ça roule. Et ça tient !

Monsieur le président, ceci est un crime contre l’humanité.
Je m’explique …

A vouloir encourager la croissance, a rester dans votre névrose obsessionnelle du développement, nous creusons nos propres tombes. 

La température mondiale augmente, des gens meurent. Selon les scientifiques, une augmentation de deux degrés*  impacterait la moitié du globe et mettrait en péril  vital plus de la moitié de l’humanité. Ceci est prévu pour 2030.

Monsieur le président, le cataclysme est annoncé. 

L’intérêt guide le monde, l’Europe, la France. Il faut créer de nouveaux marchés, investir, jeter, acheter. 

Votre cupidité nous mène au gouffre. Les multinationales sont dans un système obsolète et mortifère. L’argent. L’argent. Vous êtes esclaves de l’argent et de la croissance. 
Oui, nous sommes compétents en compétition mais devenons compétent en coordination. Gérons les pénuries mais pas avec cette culture de l’égoïsme. 

Nous serons bientôt en pénurie d’eau potable dans nos pays industrialisés …  
82 % de la fortune mondiale pour 1% de l’humanité. Je suis désolé pour eux, s’ils désiraient migrer sur une autre planète, l’espace sera bientôt trop pollué ; les vaisseaux spatiales ne pourront plus circuler. C’est foutu. Enterrer les villes ? Vivre sous l’océan ? 

Monsieur, ce n’est pas une urgence climatique mais une guerre climatique. L’humain est un animal, privez lui de sa nourriture et vous verrez le résultat. 

Monsieur le président et tous les participants à la COP 24 de décembre 2018, nous sommes face la plus grande tragédie de l’humanité, vous êtes  responsables. 

Les politiques ne feront rien.  Vous ne ferez jamais rien. 

Alors je m’en vais jardiner en micro agriculture intensive et compte produire de l’abondance sans produit chimique. Stocker du carbone. Augmenter à ma petite échelle la biodiversité et pourquoi pas un jour, générer de l’emploi . 
Je recycle, j’achète local et de saison et au fond de mes yeux, j’ai une certaine lueur d’espoir (pour ma voiture, c’est pas grave).

Monsieur le président, si nous allons dans le sens des principes du vivant, cela crée de l’abondance. Si on va à l’encontre, on doit dépenser de l’énergie pour produire moins.

Notre humanité est un trésor mais monsieur votre compétition est néfaste. Dangereuse. Mortelle. Oui, il faut s’aligner sur le marché international mais l’heure n’est plus à la prestance mais à la survie. Je parle d’universalisme. Qu’importe les religions, les édifices, les grandes écoles, il faut réagir. Vite.

Monsieur le président, il faudra donc produire de la nourriture, produire de l’énergie, réparer les écosystèmes et cela sans pétrole avec un climat instable…  
Mais bientôt, la puissance de la nécessité, celle du peuple, explosera. La puissance de la coordination, la votre et celle des gens décisionnaires, devra rencontrer celle des gens qui auront faim. Sinon, ce sera le chaos total. 

Bref. 


Il fait beau, les oiseaux chantent et notre président a des secrets. 

* (Les données sont des températures mondiales, une moyenne. En réalité, deux degrés en plein océan correspond à dix degrés sur les continents .. d’où la catastrophe à nos portes). 

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